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La Révolution Nordrosienne

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1 La Révolution Nordrosienne le Sam 6 Déc - 19:48

Toron

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Les nobles étaient depuis longtemps devenus des esclaves et les esclaves d'alors avaient fournis aux nouveaux royaumes de nouvelles générations d'aristocrates, aux anciennes nations prospères et désormais oubliées avaient succédés des états despotiques et barbares pendant des siècles et des millénaires, aux grands océans de l'Ouest et de l'Est avaient succédé des chaînes de montagne auxquelles l'Homme n'avait pas encore osé s'attaquer. Et pourtant, Elandora était toujours là.

Le vent soufflait sur les vastes plaines du nord, un vent froid, venu des lointains contreforts des montagnes. Les plaines blanches de neige étincelaient sous l'effet du soleil de l'hiver, rendant difficile le repérage des cavaliers des plaines nordrosiennes qui continuaient pourtant d'avancer, le détachement d'une vingtaine de cavaliers arrivait sur la rive, dernière étape à franchir avant de parvenir au plus proche de la capitale. À l'arrière du groupe un des soldats en armure de cuir teintée couleur bordeaux portait fièrement un étendard au bout duquel pendait un drapeau rouge flottant au vent.
Le cavalier de tête, le bras droit bandé, intima au reste du groupe de s'arrêter et voulut s'avancer pour tester la solidité de l'épaisse couche de glace qui recouvrait la rivière à ce niveau du cours d'eau. Le cheval brun, quelconque, posa un premier sabot sur la surface gelée recouverte d'une couche de neige conséquente.

- Halte-là !

À peine sortis du couvert des arbres les trois hommes de l'autre côté de la rivière vinrent à la rencontre des cavaliers. Celui qui avait parlé eut l'air satisfait à la vue du drapeau rouge qui flottait au vent puis poursuivit :

- Je suis ravi de voir que vous arrivez enfin Camarade, je suis Breizh, nous sommes envoyés par le Camarade Junkov à votre recherche, puisque vous auriez dû être arrivés depuis plusieurs jours.

Le cavalier de tête fut rejoint par le reste du groupe et se fit aider pour descendre de cheval, toujours de son côté de la rive il répondit :

- Vous pouvez m'appeler Toron, Camarade, nous avons du retard je le sais, mais notre retard n'a pas d'importance, à l'heure qu'il est vous devriez être en train de vous battre contre les royalistes si la capitale n'est pas déjà tombé, qu'en est-il ?

Breizh ne s'attendait pas du tout à cette réponse et resta hébété pendant quelques secondes avant de se ressaisir, fixant le bandage sanglant du cavalier qui lui faisait face :

- Je... Hé bien... Non. Le siège de la cité se poursuit mais le Camarade Junkov n'a pas encore lancé l'assaut, préférant attendre votre arrivée.
Vous êtes blessé ?


- Quel... L'idiot ! Il ne fallait pas nous attendre, les ordres étaient très clairs, si nous sommes en retard c'est précisément un signe de plus que l'assaut aurait dû être lancé sans attendre. Plusieurs groupes royalistes se rassemblent encore dans les plaines et avec ça -il mit un coup de pied dans le vide, envoyant en l'air les flocons de neige- nous ne sommes pas en mesure de savoir grand chose, qui aurait pu croire que l'hiver viendrait si tôt ? Si ils sont assez rapides ils peuvent encore nous pousser à lever le siège, nous ne pouvons pas continuer à assiéger la ville avec d'autres forces ennemies dans le dos.

- Je... Oui Camarade.

- Est-ce que nous sommes encore loin du camp de commandement Camarade Breizh ?

- Environ une demi-journée à cheval Camarade, mais il faut avant tout nous occuper de votre bras je pense, venez, nous sommes installés dans un bosquet d'arbres situé dans un creux à une cinquantaine de mètres. J'ai seize autres hommes sous mon commandement et nos chevaux se trouvent là-bas.

- Nous n'avons pas le temps pour ça, il faut que nous partions le plus vite possible. Prenez vos hommes et vos chevaux et partons sur le champ.

- Dans ce cas laissez moi plutôt y aller seul, je pourrai transmettre au Camarade Junkov vos indications et pendant ce temps...

- Non. Je crains que cet homme ne soit trop borné pour exécuter des ordres indirects, il n'a déjà pas obéi aux premiers. Nous partons donc, et ce n'est pas négociable Camarade, toute la réussite de notre lutte en dépend. Partez trouver vos hommes puis revenez ici, nous partirons tous ensemble, nous profiterons de votre temps de préparation pour prendre un peu de repos, au moins pour les chevaux.

- Bien Camarade.

Les trois soldats repartirent à pied et disparurent bientôt derrière les arbres qui bordaient une partie de la rive Est de la rivière. Toron laissa Sebig Emers s'occupa une nouvelle fois du bandage de son bras droit, il nettoya une nouvelle fois la plaie pendant que le Commandant rouge appelait un de ses hommes :

- Doctorev, nous nous battrons dès demain, fait en sorte que nous soyons tous prêts, et retrouve surtout tous nos plans et la copie des ordres que j'ai envoyé à Junkov depuis que nous sommes partis des campements du nord, il me les faudra dès que nous aurons atteint le camp de commandement Camarade.

- J'ai tous les documents dont nous avons besoin très bien gardés et à portée de main camarade, pour le reste, je crois que nous sommes tous prêts au combat, mais la fatigue & l'épuisement pourraient jouer contre nous Camarade, il vaudrait mieux attendre.

- Nous n'avons pas le choix Camarade, tu le sais, il faut en finir au plus tôt. Une fois que la ville aura cessé d'exister et le Royaume avec elle, alors les royalistes n'auront plus de raison de se battre. D'autant plus que si l'alliance qu'ils possèdent avec les wyrkadiens est aussi fragile que nous le pensons elle s'achèvera par la même occasion.


À suivre.

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2 Re: La Révolution Nordrosienne le Dim 7 Déc - 12:28

Toron

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La neige avait recommencé à tomber et la nuit s'approchait, rendant le voyage encore plus difficile aux cavaliers nordrosiens. Menant le détachement avec Breizh comme guide à ses côté Toron pestait intérieurement contre les caprices du climat mais se rassurait puisque les royalistes étaient certainement aussi handicapés par la neige qu'eux.
Enfin au bout d'un long chemin serpentant dans une forêt de chênes épais aux troncs sombres Breizh s'exclama :

- Nous y sommes !

La troupe s'arrêta. Toron fit faire à son cheval un tour sur lui même pour tenter d'apercevoir le camp.

- Où est le campement Camarade Breizh ? Je ne vois rien ici.

Ce fut au tour de Breizh d'être pris au dépourvu, il fit faire à son cheval quelques mètres dans un sens, puis dans l'autre, rien. Il descendit de cheval, au centre de la clairière restaient encore les signes qu'un camp humain avait existé, des morceaux de bois et la terre retournée que la neige n'avait pas encore masqués totalement.

- Je ne comprend pas camarade, il était ici, et nous aurions dû être prévenus si ils se déplaçaient...

- Ils ont peut-être été forcés de quitter l'endroit dans la précipitation ?

- Il n'y a aucun signe de précipitation dans leur départ, si il y avait eu un combat la neige serait maculée de sang dans toute la clairière.

- Peu importe les raisons de ce départ, nous devons faire un choix, la nuit va bientôt tomber. Soit nous nous arrêtons ici à l'abri des arbres pour la nuit avec la certitude qu'il ne restera plus aucune trace dans la neige pour les suivre demain matin, soit nous continuons dans la nuit en espérant que la lune et les étoiles éclaireront notre chemin.

Breizh s'agitait encore au sol, il tenait maintenant son cheval blanc par la bride et avançait en tentant de suivre la piste laissée par les chevaux et les hommes partis depuis plusieurs heures, derrière lui les cavaliers suivaient lentement mais sûrement.

Ils avaient à peine fait deux cents mètres lorsque Breizh s'arrêta, une bourrasque de vent lui fouetta le visage comme il déclara, solennel :

- La piste s'arrête ici.

Toron s'approcha et descendit brutalement de son cheval sans attendre d'aide et faillit tomber à la renverse, il se ressaisit au dernier moment.

- Ce n'est pas possible ! Une piste ne peut disparaître ainsi, même au milieu de la neige.

Pourtant il dû à son tour se rendre à l'évidence, il n'y avait plus rien au-delà, la neige ne portait plus aucune trace de passage.

- Savez-vous où mène cette direction Camarade ?

Breizh se releva en frottant ses mains l'une contre l'autre :

- Si nous poursuivons tout droit, cela mène jusqu'à la cité Camarade, mais il y a encore un peu de chemin et on ne peut pas être sûr que ce soit leur destination.

- Tant pis, au moins nous rejoindrons les assiégeants, ce sera déjà ça.

Ils remontèrent tous les deux sur leurs chevaux et le détachement s'ébranla dans la direction de la capitale, ils avancèrent à un rythme soutenu quoique plus lent que ce qu'ils auraient pu faire sans trop fatiguer leurs chevaux mais les quelques lanternes qu'ils avaient allumés et la lueur de la lune filtrée par les nuages de neige cotonneux ne suffisaient pas à éclairer suffisamment les environs, ils avançaient quasiment en aveugles.

Plusieurs heures plus tard ils purent enfin distinguer des lueurs lointaines malgré l'épais rideau de neige, puis le cliquetis des épées et le cri des hommes qui se battaient et mourraient au milieu des ruines de ce qui avait dû être les murailles et les faubourgs de la ville désertée depuis des mois par sa population. Tandis que la quarantaine de cavaliers derrière lui sortaient du fourreau leurs épées Toron passa la bride de son cheval à son bras droit douloureux avant de brandir sa hache de guerre. Ils voyaient désormais les hommes se battre. Les combats étaient éparpillés et ne formaient plus réellement une ligne.

- Pour l'Armée Rouge !
- Pour le Peuple !

En quelques secondes l'unité que formait le détachement de cavalerie passa de l'ordre et de la prestance à la barbarie la plus animale du combat.

---

Toron ne pouvait estimer le temps qu'il s'était tenu là, à se battre, à se tailler une chance de survie dans la masse grouillante d'hommes qui venaient mourir; quelques secondes, des heures, des jours peut-être, mais c'est finalement l'aube qui arrivait et les flocons qui cessaient de tomber qui lui indiquèrent que la nuit s'achevait. Autour de lui des corps gisaient, partout, le sang maculait la neige et le sol rendu boueux par la présence des hommes. Il ne savait plus où était son cheval, sans doute mort sous lui, là, quelque part au milieu des décombres. De la vieille cité agonisante aux relents d'alcool dont s'enivraient les nobles sans considération pour le peuple nordrosien il ne restait rien. Les catapultes et les incendies avaient mis la ville sans dessus-dessous pendant des mois de siège, et la nuit qui venait d'avoir lieu avait fini ce travail.

Dans le lointain on entendait parfois encore de temps en temps un bruit d'épée ou le cri d'un homme qui mourrait. Les révolutionnaires ne laisseraient aucun royaliste en vie, le désir de vengeance était trop grand chez ceux-là qui avaient été réduits en esclavage pendant la plus grande partie de leur vie. Au milieu des ruines flottaient les drapeaux rouges, dans certains semblants de bâtiments qui tenaient encore debout malgré les dégâts on pouvait entendre les hommes plaisanter et parler autour sans doute d'un feu de planches ou de meubles d'une valeur inestimable qui avaient été transmis pendant des générations au sein des familles nobles du royaume de Nordrosia.

Lirel Toron lui-même ne connaissait pas vraiment ses origines, sinon que son nom faisait parfois sursauter les ménestrels quand, enfants, ils venaient au village et demandaient à tous les enfants leurs noms afin de leur conter une histoire sur celui-ci. Toron lui, était toujours associé à la même histoire dans toutes les versions imaginables de guerriers nobles couverts de gloire et de richesses. "Nobles" ce seul mot le dégoûtait, il espérait que ces légendes n'étaient que des fantaisies inventés pour les besoins des ménestrels de raconter des histoires. Mais avant de mourir son père lui avait révélé que leur famille se transmettait de génération en génération les mêmes noms, et que ce n'était pas un hasard, qu'ils descendaient réellement de cette famille de légende. Toron ne le croyait pas et s'était donné pour mission de rompre avec les fabulations de son père quand se serait son heure à lui d'avoir des fils.

Mais ce n'était pas pas cela qui le préoccupait le plus dans l'immédiat, il tenta de repérer autour de lui un semblant d'organisation militaire, il lui fallait retrouver le Camarade Junkov. Il se promena au gré des anciennes rues désormais défoncées, parsemées de trous dans lesquelles stagnaient l'eau glaciale, des pavés jetés en désordre. Il lui fallait également retrouver Doctorev, mais connaissant le jeune homme celui-ci avait dû retrouver son chemin au sein de ce labyrinthe de ruines bien plus rapidement que lui-même.

Il arriva finalement sur ce qui avait été la place centrale de la ville, autour de celle-ci s'articulaient toutes les autres rues, là, les grands palais des maisons nobles s'amassaient auparavant avec leurs grands dômes étincelants, ce n'étaient plus que des ruines désormais; dômes troués par les projectiles ou effondrés, colonnes détruites, grandes bibliothèques brûlées. Lirel éprouvait néanmoins un léger pincement au cœur en pensant aux milliers d'ouvrages si précieux partis en fumée, mais on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs. La gigantesque statue de Eivind I, premier roi de Nordrosia, qui trônait auparavant au centre de la place, avait été abattue, les blocs de gré sculptés qui la composaient gisaient fracassés sur le sol de la place. Tout ne semblait que dévastation, mais pourtant c'est de cette dévastation que devait naître la nouvelle nation nordrosienne.

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